Les conséquences de l’avortement

Les conséquences de l’avortement

L’avortement provoqué, même effectué dans les conditions matérielles les meilleures, n’est pas exempt de complications traumatiques, hémorragiques ou infectieuses. Il entraîne fréquemment des séquelles physiques ou psychologiques.

 

Les conséquences physiques de l’avortement

La mortalité

Elle existe, quoique exceptionnelle. On dénombre en France 2 à 3 morts maternelles chaque année, soit une à deux femmes sur 100 000. 30% des décès et 70% des complications proviennent de l’anesthésie. Il faut savoir que plus on approche du terme de la grossesse, plus le risque est grand. En Suède par exemple, l’avortement est pratiqué au-delà de 12 semaines, et le taux de mortalité atteint 60 décès pour 100 000 avortements.

Les autres complications immédiates

Malgré toutes les précautions prises, on peut observer des hémorragies. Celles-ci peuvent résulter d’une « simple » déchirure du col, mais aussi de perforations utérines ou viscérales : l’intestin et la vessie peuvent être atteints. Il arrive malheureusement que suite à des hémorragies utérines, il soit nécessaire d’enlever l’utérus.

Les complications différées

Quelquefois, les complications n’apparaissent que plus tard. La femme remarque un saignement anormal, et consulte à nouveau. Il arrive que les médecins soient amenés à procéder à une deuxième aspiration dans les cas de rétention ovulaire partielle. Celle-ci peut s’accompagner d’infections.

Les complications tardives

On pense alors que tout est terminé et que la page est tournée. Il n’en est pas toujours ainsi. Les patientes font part d’irrégularités menstruelles. Elles peuvent aussi être atteintes d’une infection du col avec des pertes accrues. D’autres sont atteintes de troubles sexuels. Les rapports sont douloureux, et des cas de frigidité apparaissent.

De plus, il existe un risque réel de stérilité. Elle peut résulter d’une béance du col, celui-ci étant particulièrement traumatisé au cours de l’avortement, d’adhérences utérines, ou d’autres causes encore. On assiste à une augmentation du nombre des fausses couches, notamment lorsque l’avortement a été pratiqué chez des adolescentes. On observe aussi que le fœtus meurt sans intervention extérieure.

Enfin, si les trompes ont été altérées, on note des grossesses extra-utérines.

Le cancer

Le magazine Europe Today a publié le 15 juin 1994 une étude de l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM). Celle-ci révèle que l’avortement augmente de 100% le risque de développer le cancer du sein chez les femmes prédisposées.

Par ailleurs, une étude vient d’être réalisée aux Etats-Unis; elle a été publiée tout dernièrement, le 2 novembre 1994. Le très officiel Institut National Américain contre le Cancerrévèle que le risque le plus élevé concerne les adolescentes (moins de 18 ans) qui ont avorté. Elles encourent un risque de 150% plus élevé que les autres ! Suivent les femmes de plus de 30 ans qui ont avorté : le risque est supérieur de 110%.

Il semble que de telles conséquences s’expliquent par le dérèglement hormonal causé par un arrêt brusque et prématuré de la grossesse. Par contre, dans des circonstances naturelles (fausse couche), aucun accroissement du risque de cancer n’a été détecté.

Ces études étant très récentes, il convient de les considérer encore avec prudence et réserve.

 

Les conséquences psychologiques de l’avortement

Elles sont fréquemment oubliées. En effet, si la responsabilité légale du médecin s’arrête aux conséquences physiques de l’avortement, la femme n’en est pas pour autant épargnée sur le plan psychologique. Ces effets secondaires psychologiques sont connus sous le nom de syndrome post-avortement.

Considérons, dans un premier temps, les effets les plus graves, à savoir les troubles marqués, sévères ou persistants, relevant même de la psychiatrie. Citons ici d’éminents spécialistes. Tout d’abord un psychiatre et obstétricien, le docteur Fogel. Celui-ci exerce à Washington et possède une grande expérience en matière d’avortement :

Je pense que toute femme est… traumatisée par la destruction d’une grossesse… elle se détruit elle-même… il y a un prix psychologique à payer… cela peut être l’aliénation, cela peut être un éloignement de chaleur humaine, peut-être un durcissement de l’instinct maternel. Quelque chose se passe au plus profond de la conscience d’une femme quand elle détruit une grossesse. Je sais cela en tant que psychiatre.

Même les femmes les plus équilibrées sur le plan psychologique sont susceptibles de développer une psychose. Le docteur Mango, psychiatre, est spécialiste du syndrome post-avortement ; sa connaissance particulière en la matière lui permet d’affirmer :

Je n’ai jamais rencontré une femme sans désordres psychologiques après un avortement, même si elle n’a pas établi de lien entre la perte de son enfant et ses troubles.

Les conséquences immédiates

Un médecin rapporte : Depuis que l’avortement a été légalisé, j’ai vu des centaines de patientes qui avaient subi l’opération. Approximativement 10% n’exprimaient que très peu ou pas d’inquiétude. Parmi les autres 90% , il existait tous les degrés de détresse, d’angoisse, de chagrin et de remords.

La culpabilité, se traduisant par un sentiment de gêne, voire de honte, touche aussi les femmes. Voici le témoignagede l’une d’entre elles, âgée de 22 ans ; elle a avorté à 18 ans :

Celui qui n’a pas connu d’avortement ne peut vraiment se rendre compte de ce que c’est… On ne peut échapper au remords et ne pas s’apercevoir que l’avortement est un meurtre. En ce qui me concerne, les effets se sont produits par vagues ; ils sont continuellement présents ; parfois c’est quelque chose qui surgit doucement dans mon esprit, à d’autres moments cela me submerge. C’est une chose qu’on ne peut jamais oublier et le poids de la faute pèse toujours sur la conscience.

Le sentiment maternel peut apparaître juste après l’avortement: Pourquoi ne m’a-t-on pas dit que je me sentirais comme une mère aux mains vides ? s’exclamait une jeune fille. Il peut s’ensuivre une diminution de l’estime de soi. Certaines se sentent violentes, indignes d’être aimées ou d’avoir des enfants, accusées d’avoir choisi la voie de la facilité. Voici le témoignage d’une jeune femme mariée ayant subi un avortement deux ans auparavant:

J’avais subi mon avortement… dès mon réveil, le lendemain, j’avais senti que je voulais voir un bébé. J’avais toujours pensé que si je devenais enceinte à contretemps, la solution idéale serait l’avortement. Je ne réalisai que le lendemain de l’opération que ce dont je m’étais débarrassée n’était pas un « çà« , pas un « petit tas de gélatine », mais « mon bébé ». Quand il eut disparu, c’est alors seulement qu’il devint réel.

Apparition tardive de troubles psychologiques

De prime abord, la femme éprouve un sentiment de soulagement. Elle se sent libérée. Comme l’avortement qu’elle vient de subir n’est pas clandestin, mais légal, elle dit avoir « bonne conscience ». Mais, de façon étonnante, ces mêmes femmes manifestent des troubles psycho-émotionnels de gravité variable, quelquefois plusieurs années après l’avortement. Par exemple à l’occasion d’une hystérectomie (ablation de l’utérus), une femme de 56 ans est à ce point troublée qu’elle doit faire l’objet d’un traitement psychiatrique. Elle dira plus tard au chirurgien : Depuis que vous m’avez enlevé la matrice, je pense sans arrêt à l’enfant que j’aurais eu à l’âge de 20 ans, lorsque je me suis fait avorter.

On retrouve souvent ce principe: les troubles apparaissent lorsqu’un événement rappelle l’avortement. Cela peut être une nouvelle grossesse, ou par exemple la date anniversaire de l’avortement ou de ce qui aurait dû être la naissance. Cela est même si fréquent que les médecins parlent du « syndrome anniversaire » ! Certaines essaient de refouler leur sentiment de remords, ce qui provoque des maladies psychosomatiques : cela signifie que leur trouble psychologique va se répercuter sur le plan physique. En général il se traduit par des troubles digestifs, des ulcères, des vomissements, des migraines, des douleurs pelviennes, la frigidité, des insomnies.

Les troubles extrêmes

Cela peut commencer avec des angoisses, des pleurs, l’impression de perdre la raison. Aux éventuelles complications d’ordre physique se rajoute la peur de devenir stérile. Les femmes ressentent une moindre capacité à aimer, elles communiquent plus difficilement.

Puis elles commencent à éprouver des sentiments d’hostilité. D’abord envers elles-mêmes, puis à l’encontre des proches qui ont pu faire pression pour qu’elles avortent. Il existe même un ressentiment envers le corps médical. Enfin, cette agressivité se transforme en colère. Cela amène certaines à des situations de dépendance par rapport à l’alcool ou aux tranquillisants.

Le sentiment de malaise peut être si profond qu’il entraîne des idées de suicide. De telles patientes le confient à plusieurs reprises, et expriment ainsi un trouble plus que passager. On observe chez elles un nombre croissant de tentatives de suicide (9 fois plus que la normale) et de suicides réussis. Ils se produisent essentiellement à la date approximative de ce qui aurait dû être l’anniversaire de leur bébé. Cela se remarque particulièrement pour la tranche d’âge de 15 à 24 ans. Entre 1978 et 1981 seulement, le nombre de suicides parmi les adolescentes (chez lesquelles on compte 1/3 de tous les avortements) a été multiplié par 500%.

 

Les conséquences sur le conjoint et la relation du couple

Il faut noter que 70% des cohabitations cessent dans les trois mois qui suivent un avortement.Voici le constat d’échec d’un père de famille :

L’équilibre de notre foyer fut irrémédiablement compromis et tous les efforts tentés pour le rétablir furent vains… l’amour était mort avec l’enfant auquel nous avions refusé la vie. Malheureusement, il est des décisions sur lesquelles on ne peut revenir, il est des ruines qu’on ne peut relever.

 

Que dire lorsque le conjoint a fait pression sur la femme afin qu’elle avorte ? Elle éprouve à son égard mépris, amertume, rancune, et répulsion. Ces sentiments vont détériorer toute leur relation, et amplifier les problèmes qui existaient déjà.

Par contre, que se passe-t-il si l’homme n’a pas voulu l’avortement ? Le Dr Mango, psychiatre spécialiste du syndrome post-abortif, fait état de cauchemars où apparaissent des bébés, et d’insomnies. Le père éprouve un ressentiment d’autant plus fort qu’il reconnaît qu’un bébé, le sien, a été tué contre son gré. Son image de père protecteur de la vie est meurtrie. N’ayant pas eu gain de cause contre l’avortement, il constate qu’il a été évincé de sa paternité, et de son droit d’être père.

 

Les conséquences sur les enfants

Après avoir avorté, une mère peut dans certains cas mal vivre une nouvelle grossesse. Elle souffre alors d’une anxiété liée à un sentiment d’incapacité à bien faire. Après la naissance, elle éprouve même une répugnance tactile, allant jusqu’au refus de l’allaitement. Elle a de la peine à s’attacher au nouveau-né, et réagit mal à ses pleurs. Plus tard, cela pourra entraîner une tendance agressive à son égard.

Quant aux enfants eux-mêmes, comment vivent-ils cet état de fait ? Lorsqu’ils réalisent que leur maman a avorté, ils en souffrent profondément. Ils peuvent alors être troublés par une anxiété latente. Ils vivent dans un climat d’insécurité. Ils éprouvent un manque de confiance à l’égard de leur mère, et pensent au petit frère ou à la petite sœur qu’ils n’ont jamais pu connaître. La période de l’adolescence est alors particulièrement difficile.

Enfin, il nous faut bien parler de l’enfant qui était dans le sein de sa mère. La sensibilité de l’embryon (à plus forte raison du fœtus) est telle qu’un avortement lui fait subir les tortures les plus atroces, avant de le faire disparaître.

 

Les conséquences sur le personnel médical

Nous aurions tendance à oublier ces acteurs déterminants. Acteurs, certes, mais aussi spectateurs directs. Les membres du personnel médical qui ont participé à de nombreux avortements disent souffrir de cauchemars. En milieu hospitalier, il leur arrive même de se sentir rejetés par les autres soignants, dont le rôle est au contraire de préserver la vie. Les chercheurs qui analysent ce phénomène en arrivent à la conclusion suivante :

 Quelles que soient les convictions religieuses ou psychologiques d’une personne, l’attitude à l’égard de l’avortement reste la même. Inconsciemment, l’action d’avorter est ressentie comme un meurtre.

Plusieurs médecins ont ainsi mis un terme à cette pratique. Dans certains hôpitaux, on ne trouvait plus personne pour effectuer les avortements. La nouvelle génération de médecins, qui n’a pas partagé les revendications de Mai 68, n’est plus attirée par cette pratique dévalorisante. Pendant leurs longues années d’études, les médecins ont appris à lutter contre la maladie, à protéger la vie, et voilà qu’on leur demande de détruire une vie naissante. Il est facile de comprendre quel conflit intérieur peut connaître alors le jeune médecin.

 

Perspective chrétienne

L’enfant à naître

Elle entra dans la maison de Zacharie, et salua Elisabeth. Dès qu’Elisabeth entendit la salutation de Marie, son enfant tressaillit dans son sein… Elle s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre les femmes, et le fruit de ton sein est béni. Comment m’est-il accordé que la mère de mon Seigneur vienne auprès de moi? Car voici, aussitôt que la voix de ta salutation a frappé mon oreille, l’enfant a tressailli d’allégresse dans mon sein. » La Bible

Ce passage biblique n’est pas le seul à nous présenter l’enfant à naître comme un enfant à part entière et un sujet de bénédiction. Il est question ici de Jésus-Christ et de Jean-Baptiste. Chacun d’eux, avant sa naissance, est considéré comme un enfant, et qualifié de tel. Il est touchant de voir ici la sensibilité de l’enfant au monde extérieur, sa capacité de se réjouir.

Dieu règne

Tu ne tueras point

Il ne nous appartient pas de mettre un terme à la vie humaine. Souvenez-vous que Dieu règne, et qu’il appellera toute l’humanité en jugement. Aucun d’entre nous n’en sera dispensé. Dieu jugera chacun, petit ou grand, mendiant ou roi. Toute bouche sera fermée : personne alors ne pourra plus se justifier devant ce Dieu trois fois saint.

Qu’en est-il pour vous?

Tu aimeras ton prochain comme toi-même

Comme nous prenons soin de nous-mêmes, ainsi nous devons faire du bien à ceux qui nous entourent. Lorsqu’une mère attend un enfant, ce dernier est le plus proche, le prochain par excellence ! Si l’on parle de la détresse ou de l’intérêt de la mère, qu’en est-il de ceux de ce petit être qui ne peut ni s’exprimer, ni se défendre ?

Une femme … n’a-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles ?  La réponse à cette interrogation biblique paraît tellement évidente ! N’est-ce pas là le cœur d’une mère ? Pourtant, il n’en est pas toujours ainsi.

Un jour, une jeune femme fit un rêve terrifiant. Alors qu’elle se voyait marcher sur le chemin qui mène au paradis, un petit enfant se tint devant elle. Il l’empêcha d’avancer plus loin, en disant :  » Mon sang te sera redemandé. » Elle réalisa alors qu’il s’agissait de l’enfant qu’elle avait avorté.

S’il est vrai que chacun de nous sera appelé en jugement pour le bien et le mal qu’il aura commis sur cette terre, votre situation n’en est pas pour autant désespérée. Une perspective nouvelle s’offre à vous.

La Bonne Nouvelle

Sachez-le : l’amour et le pardon de Dieu sont les mêmes qu’il y a 2000 ans. Aujourd’hui encore, vous pouvez recevoir son pardon :

Venez à lui, car il est doux et humble de cœur, et il donnera du repos à votre âme.

Même en cette fin de XXe siècle, l’Evangile n’est pas un simple récit ou une religion. C’est, au sens propre du terme, une véritable puissance pour transformer la vie d’une personne dont le cœur est sincère, en lui permettant de faire la paix avec Dieu.

Souvenez-vous des brigands qui, eux aussi, étaient crucifiés. Leurs croix étaient proches de celle de Jésus, au point qu’ils pouvaient se parler. L’un d’eux, conscient de son péché, disait à Jésus : Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne. Jésus lui répondit :

Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis.

Aujourd’hui ! Oui, dès aujourd’hui vous pouvez trouver grâce à ses yeux. Quelqu’un est-il accablé par le poids de sa faute ? Qu’il dépose son fardeau en avouant sa faute, afin de recevoir le pardon offert en Jésus-Christ. Dieu, dans son amour, affranchit de son péché tout être humain qui le lui demande. Ainsi, vous qui êtes fatiguée et chargée, réjouissez-vous, car votre salut est proche.

Plus le poids de votre péché est lourd, plus vous vous sentirez légère lorsque vous en serez libérée, comme si vous aviez des ailes. Un cœur pardonné, apaisé, reçoit une force divine pour affronter les difficultés de la vie.

C’est pourquoi, alors que vous entendez la voix de votre conscience, n’endurcissez pas votre coeur. Venez à lui.