Noël

Noël

Les sabots de Noël

Il était une fois un petit garçon qui rêvait, accoudé à une vieille fenêtre. Son pantalon gris cousu dans une toile grossière portant des pièces de différentes couleurs, sa chemise aux longues manches retournées, toute délavée, témoignait de la propreté, mais aussi de la pauvreté de ce petit garçon. Il habitait avec ses parents et sa vieille grand-mère. Accoudé à la fenêtre, il rêvait… Tout était blanc dehors, les flocons tombaient joyeusement… Le cœur de chaque enfant ce soir-là était en fête !

Vous pensez bien! C’était le soir de Noël !

A travers les vitres glacées, il rêvait.

“Dis, maman… il va bientôt venir le Père Noël ?

“Euh… oui…” répondit la maman embarrassée, en triant quelques châtaignes pour le repas du soir.

L’enfant se mit à virevolter dans la pièce. “Papa, c’est formidable, à l’école, les amis racontaient ce que le Père Noël allait leur apporter cette nuit: des voitures, des bonbons, des oranges, des poupées… Je suis sûr qu’ils disaient vrai et que j’aurai plein de cadeaux moi aussi”. “Eh bien… mon garçon, tu sais… il arrive que … le Père Noël… eh bien, il oublie parfois une maison!” “Ils m’ont même dit qu’il passera à minuit! Alors vite, je vais placer mes sabots devant la cheminée et me coucher”, reprit il. Puis il s’endormit, transporté de joie et d’illusions.

Au réveil… notre petit ami sauta du lit et courut à ses sabots… Oh… tristesse… ils étaient vides… Il avait beau les retourner dans tous les sens, ils étaient vides. Il se mit à sangloter très fort, inconsolable… Alors mamie qui avait tout vu, l’attira près d’elle, le prit dans ses bras et parla à son cœur…

“Viens, dit-elle… je vais te montrer ton cadeau… Tu sais, c’est un cadeau plus beau et plus précieux qu’aucun autre… viens voir…” Et avec sa douce voix, elle l’emmena, loin, très loin, à Bethleem. Là, il vit: Marie et Joseph épuisés qui cherchaient désespérément un logis pour la nuit. Puis il aperçut une étable, bien misérable, avec au-dessus d’elle, une magnifique étoile qui brillait de tous ses feux. A l’intérieur de cette étable, il découvrit un nouveau-né, couché dans la paille d’une mangeoire sous le regard émerveillé et attendri de Marie et Joseph. A leurs côtés, de simples bergers et des richissimes mages venus d’Orient pour adorer cet enfant, ce grand Roi. Emu, notre garçonnet écouta la chorale des Anges, explosant de joie pour annoncer la Bonne Nouvelle: “Le Sauveur est né, Emmanuel. C’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés…”

“Que c’est beau Grand-Mère!” s’exclama le garçon. “Quelle paix. Et cet enfant si doux, Mamie, c’est lui le Sauveur?” “Oui, c’est lui, le cadeau fait aux hommes, à chacun et à toi si tu l’acceptes… Aucun cadeau n’a plus de valeur, n’est plus grand que celui là… C’est là, la vraie richesse…”

Et notre petit ami, réchauffé, heureux, le regard pétillant de joie, garda cette histoire, ce cadeau sur son coeur.

Noël : une fête !

Depuis deux millénaires, le monde collectionne d’innombrables histoires de Noël qui alimentent la mémoire de l’humanité. Principalement la chrétienté. Noël est une espèce de « malle aux trésors » renfermant pêle-mêle contes, légendes, petites histoires, avec leur lot de coutumes populaires, de traditions bourgeoises ou paysannes.

Mais pour ceux qui professent l’Evangile, Noël raconte chaque année, les 24 et 25 décembre, la merveilleuse histoire de la naissance, quelque part en Palestine, de Jeshua Ben  Joseph, c’est-à-dire Jésus de Nazareth : le Christ. Et ce Christ, partout dans le monde, est l’objet d’une fête particulière, intime ou communautaire.

 

Noël : une fête de famille !

Ce jour-là, dans la période du recensement commandé par l’empereur romain César Auguste (règne de -30 à 14 après J.C ), un enfant est né dans un endroit étonnant, une étable située derrière un petit hôtel de Bethléem, à quelques kilomètres de Jérusalem. Un lieu bien étrange pour une naissance ! En fait, les parents  n’ont pas eu le choix, il fallait faire vite. Marie allait accoucher d’un moment à l’autre, et les hôtels manquaient de lits disponibles…

Imaginons ce petit enfant poussant ses premiers cris, reposant sur le sein de sa maman,  sous le regard attendri de Joseph son papa. Voilà une toute petite famille… Trois personnes réunies. La première famille chrétienne de notre ère.

Et pendant que j’écris ces lignes, je me souviens combien j’ai aimé ces veillées de Noël toutes simples, joyeuses, paisibles où nous considérions Notre Sauveur Jésus comme l’essentiel! Après avoir  assisté à l’office de notre paroisse, nous rentrions à la maison et là , près du sapin illuminé de dizaines de bougies ( des vraies !), nous chantions ensemble en famille les plus beaux cantiques de mon enfance tels que « Ô Douce nuit… », « Brillante étoile du matin « , « Il est né le roi du monde… « , « Le Divin Enfant », etc. .  Avant d’aller au lit, nous lisions les textes bibliques de circonstance, puis mon père racontait une belle histoire. Quel bonheur ! Si nous n’étions pas trois, mais sept, nous avions l’impression de vivre l’avènement du Christ comme une actualité. Mais ce Noël-là, ce Noël évangélique, ce Noël vraiment familial, autour de l’Enfant de Béthléem doit-il être vécu uniquement en petite cellule ? Comment cela s’est-il passé pour Joseph et les siens ?

 

La fête d’une famille ouverte aux autres !

« … Je vous annonce la bonne nouvelle d’une grande joie qui sera pour tout le peuple : aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. » (Luc 2:10-11). Comment imaginer une bonne nouvelle vécue égoïstement par une petite famille bienheureuse ? Impossible ! La naissance de Jésus n’était pas exclusive, réservée à trois personnes, mais concernait tout le peuple.

Les écrivains évangélistes dressent le tableau d’une famille ouverte aux autres. En effet, Joseph et Marie ont permis à des étrangers de venir voir le nouveau-né. On peut distinguer deux types de visiteurs: d’une part, ceux qui habitaient la région tels que les bergers (des juifs), d’autre part, ceux qui arrivaient d’un pays lointain tels que les mages de Babylone (des païens).

 

Ainsi, la petite étable, pleine de l’odeur animale, est devenue le berceau du christianisme. Le temps d’une naissance atypique réunissant un couple juif, des bergers de Judée et des mages assyriens, cette crèche s’est transformée en lieu de culte : la première église de notre ère ! Certes, il s’agit d’une minuscule église, assemblée au nom de Jésus, autour de Jésus, le louant et l’adorant. Ce devait être un merveilleux culte de Noël !

Ma mémoire est encore pleine de ces cultes de Noël où l’assemblée se réunissait pour adorer ce Sauveur. Ils étaient formidables ces « 24 Décembre ». Oui, que c’était beau ! Puissant ! Et moi, c’est lors d’un de ces offices que j’ai fait mon premier pas vers Dieu. L’Enfant de Bethléem m’a parlé, il m’a réconcilié avec ce Dieu que je considérais  si lointain voire même inexistant. Il m’a « sorti » de la solitude en me rapprochant des autres, si différents, pourtant dépendants du même Sauveur !

 

La fête d’une famille qui va à la rencontre des autres !

C’est une chose d’accueillir des étrangers au sein de la famille, c’en est une autre que d’aller à la rencontre des autres… Joseph et Marie ne sont pas restés sur le lieu de naisance de leur enfant, ils sont sortis ! En effet, le vieux Siméon en a témoigné (Luc 2:25-35), ainsi que la prophétesse Anne (Luc 2: 36-38) et leurs voisins à Nazareth (Luc 2: 39). S’il est exact que  Dieu est venu sous la forme d’un petit enfant « pour sauver son peuple de ses péchés » (Matthieu 1:21), ce Sauveur « veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (I Timothée 2:4).

Noël est assurément une bonne nouvelle « prêchée à toutes les nations » (Marc 13:10) ! Il faut le souligner, Noël, surtout le Noël évangélique, ne peut être réservé au seul groupe social que représente une famille si ouverte soit-elle ! C’est une fête qui invite l’humanité (« toutes les nations ») à recevoir la Bonne nouvelle du salut en Jésus-Christ « afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » .

Noël, dont la dimension est universelle, est une fête inscrite sur notre calendrier. Son message est pour tous, et tous en prennent conscience spécialement la nuit du 24 Décembre. À ce moment-là, le cœur humain aspire à faire du bien. On assiste alors à une explosion d’initiatives pour manifester l’amitié, l’accueil, l’entraide, la solidarité, la communion aux accents d’œcuménisme, de compréhension mutuelle…

 

La fête aux valeurs essentielles !

Noël possède donc en soi une conscience universelle  qui rappelle à chaque homme que l’injustice, la méchanceté, le mal empoisonnent les rapports entre humains ; et cette conscience questionne le monde sur la signification de la naissance de Jésus, voici déjà deux mille ans… Pour apaiser notre conscience, nous multiplions les actions caritatives. Je me rappelle les noëls de mon enfance, mes parents invitaient toujours une personne isolée, démunie ou marginale ! Il y a les « restos du cœur », les distributions de vêtements ou de nourriture, les soirées organisées pour les « délaissés », les concerts au profit des gens qui souffrent, il y a… et la liste est longue. Tant mieux !

Allez dans les magasins en décembre, vous entendrez certainement « Minuit chrétien » chanté dans toutes les langues, interprété par les artistes les plus célèbres.  Chanté autrefois en pleine guerre entre les tranchées françaises et allemandes ! Plus surprenant, ce soir-là, des rencontres œcuméniques sont organisées entre chrétiens, juifs et musulmans pour prier pour la paix dans le monde. On a même vu à la télévision un homme politique musulman se joindre à la messe de minuit célébrée à Béthléem !

C’est un fait établi, la fête de Noël intéresse tout le monde ! Noël rappelle à notre société des valeurs incontournables : le bien, la charité (amour), la solidarité, la foi, la prière, la paix, l’unité…

Mais ces valeurs ponctuellement vécues, surgissant de consciences travaillées, apportent-elles l’unique signification de la naissance du Christ ?

 

Au fait, pourquoi Noël serait une fête !

« Chrétien pour la vérité » est une association qui veut contribuer à la défense des vraies valeurs de la vie, et particulièrement celles que la Bible mentionne. Ces valeurs chrétiennes sont source de bénédiction. La fête de Noël doit être absolument gardée dans le calendrier, parce qu’elle nous permet, régulièrement, de rappeler au monde que Dieu a apporté, dans la venue de Jésus son Fils, la plus importante des bénédictions. Pourquoi se priverait-on d’une telle occasion de se réjouir ?

Fêter Noël, c’est annoncer avec l’apôtre Paul, le message suivant : « Cette grâce(ce cadeau) a été manifestée maintenant par l’apparition de notre Sauveur Christ-Jésus, qui a réduit à l’impuissance la mort et mis en lumière la vie et l’incorruptibilité par l’Evangile 2 » (II Timothée 1:10). Fêter Noël, c’est donner aux autres le plus beau cadeau que l’on puisse faire « car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils… »!

Ce Fils de Dieu est venu sous l’apparence d’un enfant, dans une étable. Ô combien mon cœur ressemble à cette misérable crèche de Béthléem ! Ma famille, mon église, la société aussi. Combien nous pouvons nous sentir coupables, chargés, fatigués…

Mais voici ce que la fête de Noël nous rappelle chaque année : Jésus est  venu dans le monde. Toutes les actions des ténèbres, toutes les injustices, tous les fardeaux, toutes les blessures sont engloutis dans sa naissance, dans sa mort et dans sa résurrection. De l’étable à la Croix, de la Croix à la Cité céleste, son chemin est notre chemin sur lequel, jour après jour, règnent la reconnaissance et la joie malgré les épreuves et les souffrances (Philippiens 4:4) ! En arrêtant là mon propos, je voudrais souhaiter à chacun de vivre le « Noël » comme si c’était le premier Noël de notre ère : TOUT PRÈS DE JÉSUS NOTRE RÉDEMPTEUR !

 

Marie  –  Noël  –  Jésus

1 – Marie était dans une situation délicate. D’après Matthieu (1:18), elle n’était pas  encore mariée quand elle se trouva enceinte. Selon la loi, Marie aurait dû être condamnée pour fornication, au même rang qu’une prostituée! Joseph et Marie auraient pu rompre (v.19) ou envisager de supprimer l’enfant (A cette époque, l’avortement était déjà pratiqué). Marie a refusé ces deux possibilités, certes, plus faciles mais qui nous auraient privés du Sauveur!

2 – Noël est le rappel annuel de la naissance de Jésus le Christ qui est le Sauveur “C’est lui qui délivrera son peuple de ses péchés”. Luc présente l’Enfant né dans la crèche de Bethléem d’une part comme le Messie d’Israël (l’oint de l’Eternel=celui qui est choisi pour accomplir une mission libératrice) selon les prophéties d’Esaïe (9:5-6) et de Michée (5:1-4); d’autre part comme le Sauveur mentionné par Siméon (Luc 2:30=”ton salut”); enfin comme le Rédempteur (celui qui rachète les coupables de leurs fautes en les justifiant et les purifiant, selon Anne (Luc 2:38).

3 – Que signifie le nom de JESUS? En hébreu, c’est JESHUA: Dieu (YE ou YO) sauve (Sophonie 3:17). En effet, Dieu vient offrir au monde le salut (la vie éternelle avec lui) en la personne même du Messie: Jésus, son propre Fils (Jean *:16). Mais Jésus sauve de quoi? D’abord, jésus sauve l’home des oeuvres destructrices de Satan (1 Jean 3:8b), puis Il sauve cet homme perdu de la condamnation liée à son propre péché (Tite 2:13-14, Actes 2:38).

 

Comme au Jardin d’Eden

 En ce temps-là parut un édit de César Auguste, ordonnant un recensement de toute la terre.
Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie.
Tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville.
Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David, appelée Bethlehem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David,
afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte.
Pendant qu’ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva,
et elle enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie.
Il y avait, dans cette même contrée, des bergers qui passaient dans les champs les veilles de la nuit pour garder leurs troupeaux.
Et voici, un ange du Seigneur leur apparut, et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux. Ils furent saisis d’une grande frayeur.
Mais l’ange leur dit : Ne craignez point ; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie :
c’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur.
Et voici à quel signe vous le reconnaîtrez : vous trouverez un enfant emmailloté et couché dans une crèche.
Et soudain il se joignit à l’ange une multitude de l’armée céleste, louant Dieu et disant :
Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, Et paix sur la terre parmi les hommes qu’il agrée !
Lorsque les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent les uns aux autres : Allons jusqu’à Bethlehem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître.
Ils y allèrent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche.
Après l’avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de ce petit enfant.
Tous ceux qui les entendirent furent dans l’étonnement de ce que leur disaient les bergers.
Marie gardait toutes ces choses, et les repassait dans son cœur.
Et les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, et qui était conforme à ce qui leur avait été annoncé.